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Hommage aux mort·es de la rue : derrière le recueillement, l'urgence d'agir

  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture

Le 3 juillet dernier, l'association La Marmite a organisé à Bondy une cérémonie d'hommage aux mort·es de la rue en Seine-Saint-Denis. Ce temps de recueillement, marqué par la lecture des noms des personnes décédées, visait à rendre hommage aux 28 personnes mortes à la rue dans le département en 2025. Un moment nécessaire pour rappeler que derrière chaque nom se trouvait une personne, dont le parcours témoigne des failles de notre système de soutien social face à l'exclusion.


Élu·es locaux·ales, professionnel·les du secteur, salarié·es de La Marmite et personnes accompagnées se sont ainsi réuni·es pour se souvenir, mais aussi pour échanger sur une réalité qui demeure alarmante. Car au-delà de l'hommage, les prises de parole ont fait émerger une conviction largement partagée : les morts de la rue ne sont pas une fatalité.


Les témoignages recueillis au cours de l'après-midi ont rappelé la dureté du quotidien des personnes sans domicile. Difficultés à joindre le 115, manque de places d'hébergement, démarches administratives complexes, accès aux soins parfois entravé ou encore sentiment d'abandon : autant d'obstacles qui fragilisent des personnes déjà confrontées à des situations d'extrême précarité.


Pour beaucoup, la rue ne représente pas seulement l'absence d'un toit. Elle entraîne également une perte de repères, une mise à l'épreuve permanente et parfois un sentiment d'invisibilité. Plusieurs personnes présentes ont évoqué le regard porté sur celles et ceux qui vivent à la rue et le manque de solidarité qu'elles ressentent au quotidien. Comme l'a exprimé B., aujourd'hui sans domicile après le décès de son mari : « Même le regard des gens, ça tue. »


Dans ce contexte, le rôle joué par les accueils de jour est essentiel. À travers son accueil inconditionnel, La Marmite offre bien plus qu'un accès à des repas, des douches ou des services de première nécessité. Pour de nombreuses personnes, la structure constitue un lieu d'écoute, de répit et d'accompagnement dans lequel il est possible de recréer du lien social et de retrouver une forme de stabilité.


Pascal Bouxirot, chef de service de l'accueil de jour, rappelle que les équipes sont souvent en première ligne face aux situations de détresse. Parce qu'elles côtoient quotidiennement les personnes accueillies, elles sont en mesure de repérer rapidement une dégradation de l'état de santé, une souffrance psychologique ou une situation de danger, puis d'orienter vers les dispositifs adaptés. Au-delà de l'accompagnement administratif, il s'agit également d'apporter une présence humaine et de maintenir un lien avec des personnes parfois très éloignées des institutions.


Au fil des échanges, un constat est revenu avec force : sans hébergement ni logement, il est extrêmement difficile d'agir durablement sur les autres dimensions de la vie. Santé, emploi, accès aux droits, démarches administratives ou insertion sociale : tout devient plus complexe lorsque l'on ne sait pas où l'on dormira le soir même (voir Huitième vague du baromètre de suivi qualitatif de la pauvreté et de l’exclusion sociale du CNLE).


Pour Laurent Perl, directeur de La Marmite, les principaux obstacles auxquels sont confrontées les personnes accompagnées ne relèvent pas d'un manque de volonté ou de capacités individuelles. Ils sont avant tout liés au manque de logements disponibles, aux difficultés administratives ou à l'absence de régularisation pour certains publics. Selon lui, la grande majorité des personnes accueillies pourrait accéder à un logement adapté si les solutions existaient en nombre suffisant.


Autrement dit, le logement n'est pas seulement l'aboutissement d'un parcours d'insertion : il en est souvent la condition préalable.


Cette réalité a été rappelée tout au long de la cérémonie. Les personnes qui vivent à la rue ne demandent pas la charité. Elles souhaitent avant tout accéder à des conditions de vie dignes, être protégées, retrouver une stabilité et pouvoir construire leur avenir comme n'importe quel·le citoyen·ne.


L'hommage rendu aux 28 personnes décédées à la rue en Seine-Saint-Denis ne doit donc pas seulement nourrir la mémoire collective. Il constitue également un appel à l'action. Derrière chaque décès, il y a un parcours de vie, mais aussi des défaillances auxquelles notre société doit apporter des réponses. Renforcer l'accès à l'hébergement, développer des solutions de logement, garantir un accompagnement adapté et soutenir les structures de première ligne sont autant de leviers indispensables pour éviter que de nouveaux drames ne surviennent.


Parce que se souvenir est essentiel. Mais parce qu'agir pour que plus personne ne meure de la rue dans l'indifférence l'est tout autant.

2 commentaires


zhao hommer
zhao hommer
il y a 20 heures

Cet hommage poignant aux personnes décédées dans la rue souligne l'urgence d'établir des connexions et un soutien fondamentaux pour les plus vulnérables de notre société, tout comme l'infrastructure essentielle que NorKab fournit pour des systèmes robustes.

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TomWeber
il y a 21 heures

Every player starts with the same objective, but slope 2 lets skill decide the outcome. Endless futuristic roads leave little room for hesitation. The ball keeps moving, forcing players to think ahead instead of reacting too late. Every obstacle creates a new opportunity to improve. Could your next run last longer than the previous one? Only experience reveals the answer.

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