35 ans


Comment répondre aux besoins fondamentaux des enfants en parcours précaire?"
Atelier co-animé par Pauline Marquis, cheffe de projet Enfance/Familles au CASP, et Khalid Mouala, directeur opérationnel Territoires et Justice au CASP.
Contexte des 35 ans et choix de la thématique
Pour les 35 ans d’Interlogement, l’objectif était de mettre en exergue plusieurs sujets structurants pour l’avenir du réseau et de nos établissements. L’un des thèmes qui s’est imposé est la transformation des établissements d’hébergement concernant la public accueilli :
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dispositifs historiquement hébergeant des hommes isolés,
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qui accueillent aujourd’hui des familles avec enfants.
À partir de ce constat, le COPIL a souhaité proposer un atelier autour de la question suivante :
Comment penser le développement harmonieux des enfants, non pas uniquement sous le prisme de la Protection de l’enfance, mais dans un contexte de précarité d’hébergement (AHI) ?
Il s’agit ici de reconnaître que les enfants sont désormais au cœur des dispositifs AHI et que leurs besoins doivent être intégrés explicitement dans les pratiques et les projets.
Piste d’action envisagée :
→ Faire de cette thématique un axe structurant pour le réseau, via la création d’une commission “Enfants/Famille ” à l’échelle d’Interlogement (animation d’une commission, groupe de travail, échange de bonnes pratiques, plaidoyer).
Évolution des publics accueillis : de l’homme isolé aux familles avec enfants
Depuis une vingtaine d’années, la typologie du public accueilli dans les structures a profondément changé, sous l’effet notamment des flux migratoires. On est passé :
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de structures accueillant majoritairement des hommes isolés,
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à des dispositifs qui hébergent des familles,
Les chiffres présentés ci-dessous (PPT CASP) mettent en évidence la place des enfants et la diversité des configurations familiales :

Or, si la transformation du public s’est faite, nos établissements, eux, n’ont pas été repensés au même rythme :
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mêmes bâtiments, mêmes logiques d’occupation, mêmes organisations internes;
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professionnel.le.s qui n’ont pas forcément « fait le switch », et qui n’ont pas toujours été invités ou outillés pour le faire.
Les besoins fondamentaux de l’enfant : une grille de lecture complémentaire dans l’accompagnement global
Les besoins fondamentaux de l’enfant sont issus d’une démarche initiée par la réforme de la Protection de l’enfance en 2005.

Message clé :
Les besoins fondamentaux ne constituent pas un nouveau dogme, mais une grille de lecture supplémentaire pour affiner la compréhension de ce qui se joue dans nos établissements. Ils deviennent une porte d’entrée : que signifient-ils concrètement dans nos structures AHI, et en quoi ces besoins sont-ils, ou non, effectivement pourvus ?
La question posée est donc : que veut dire prendre en compte les besoins fondamentaux de l’enfant dans des établissements AHI qui ne relèvent pas de la Protection de l’enfance ?
Cela implique d’intégrer les besoins fondamentaux comme un objet d’analyse à part entière de nos pratiques, de nos organisations et de nos choix d’accompagnement.
L’expérience du CASP : Création d’une mission transverse Enfance–Familles
Le CASP a présenté le travail déployé sur l’ensemble de ses structures en Île-de-France, avec la création, il y a trois ans, d’une mission transverse Enfance–Familles dont l’objectif est de garantir que les enfants soient réellement pris en considération dans l’urgence sociale, et pas uniquement “présents” dans les dispositifs.
La mission a fait un premier diagnostic de l’accueil des enfants :
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Moyens humains insuffisants / besoin de formation des équipes
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Besoin d’aménagement d’espaces dédiés
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Besoin d’être soutenu sur le tissage de partenariats
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Besoin d’harmonisation des pratiques
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Priorité sur l’urgence administrative
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Difficulté d’accès à un mode de garde
De ce diagnostic sont ressortis plusieurs axes de travail :


Présentation de deux projets inspirants du CASP : OHANA : Garderie Itinérante et le Conseil des Enfants.
Retour sur les échanges :
Les échanges ont d’abord questionné le cadre dans lequel on agit : « les politiques publiques n’ont pas été pensées à partir de l’expérience des plus pauvres, ce qui crée des angles morts majeurs dans nos pratiques ». L’action-recherche internationale menée par ATD Quart Monde sur « qu’est-ce qu’être pauvre ? » a été menée pendant 6 ans à l’international pour relever l’universel de ce qu’est être pauvre : les adultes ont identifié neuf dimensions de la pauvreté et les enfants ont validé ces dimensions, en y ajoutant deux éléments décisifs pour notre réflexion :
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le manque de soins et de protection (être confiés à autrui, exposés à des situations dangereuses) ;
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le sacrifice de l’avenir (se dire « ça aidera si je me marie, si j’arrête l’école, si je travaille » pour soulager la famille).
S’en sont ensuite suivis des échanges et des pistes de réflexion autour des points suivants :






