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L’ASSOCIATION DU TRIMESTRE : L’ADEPT

March 1, 2014

L’ADEPT EN 9 QUESTIONS + 1

 

1. l’ADEPT a 40 ans ! La sédentarité est-elle une réponse pour l’habitat des Gens du voyage ?

Depuis sa création en 1969, elle défend le respect de la diversité. Celle-ci s’exprime aussi dans le choix du mode d’habiter. La sédentarité n’est pas une réponse, elle peut correspondre à certains voyageurs, à un moment donné de leur parcours, avec ou sans caravane. Notre engagement quotidien est de faire reconnaitre la diversité des besoins, notamment par la prise en compte de l’habitat mobile dans le droit commun.

 

2. Après 40 ans les voyages forment-ils encore la jeunesse ?

Soyons réalistes : la complexité des réglementations rend le voyage de plus en plus difficile tant en termes économiques que d’accès au foncier. Les formes d’organisation possibles dans le passé ne le sont plus. Les jeunes générations doivent faire face aux difficultés du maintien du voyage pour des raisons économiques, familiales ou culturelles. Les jeunes subissent également le durcissement des conditions pour créer leur propre activité, en majorité indépendante et mobile.

 

3. Entre les gens d’il y a 40 ans et ceux d’aujourd’hui, les évolutions les plus évidentes ?

Il est difficile de trouver une réponse politiquement correcte. L’évolution la plus évidente malheureusement, est celle d’une montée de la discrimination et de l’intolérance avec pour conséquence le repli communautaire. Le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe s’est « inquiété de la situation des Gens du voyage » en France. Il a « encouragé les autorités à s’assurer que les communes respectent leurs obligations… et à poursuivre les réformes en vue de l’abolition des dispositions dérogatoires au droit commun, comme celles concernant le livret de circulation et la commune de rattachement, qui s’appliquent encore aux Gens du voyage » 1.

 

4. La place des enfants dans la famille a-t-elle changé au fil du temps ?

La place de l’enfant dans la famille reste centrale. Le plus grand défi est celui de réussir la scolarité, mission rendue plus complexe au regard du manque d’habitat ou de terrains disponibles pour le séjour permanent.

 

5. Le fait religieux est-il particulier aux gens « du voyage », ou est-ce une tendance égale à toutes les populations ?

Le fait religieux de nos jours est devenu une première cause de ségrégation entre les populations. Il ne constitue pas une particularité des voyageurs. En revanche, les rassemblements autour des missions et des conventions peuvent aussi faciliter l’organisation du voyage et répondre à des opportunités économiques.

 

6. En matière d’emploi, ou d’activités économiques, qu’est-il urgent de faire ?

Le premier choix des voyageurs est celui de l’activité indépendante. La question se pose pour toute personne ayant des compétences mais ne maitrisant pas l’écrit : un accompagnement individualisé s’impose, tant pour la création que pour la gestion, afin de favoriser l’autonomie. Dans ce cadre, le développement économique a une dimension globale car il touche l’ensemble de la famille dans ses répercussions sociales mais la tendance est au resserrement des possibilités et des réglementations. Nous vivons dans une société basée sur la résidence fixe et le salariat alors que l’on prône la mobilité professionnelle. Les voyageurs en sont un parfait exemple. Et si nous regardions leur activité sous cet angle ?

 

7. Au long cours, l’ADEPT a-t-elle voyagé hors de ses frontières ?

L’ADEPT intervient sur le territoire national dans le cadre du GIE CATHS, un groupement de trois associations et un cabinet d’architectes spécialiste de l’habitat des Gens du voyage. Nous voyageons aussi par nos accompagnements, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, mais notre ancrage, comme celui des familles suivies par l’ADEPT, reste la Seine-Saint-Denis.

 

8. Les voyageurs passent-ils aussi d’îles en îles ? (d’Île-de-France à la Corse…)

On trouve des familles apparentées à celles du 93 au-delà des mers, y compris en Amérique… Le voyage, en fonction de ses motifs et possibilités, peut être local comme international. Les voyageurs luttent pour sauvegarder leur mode de vie basé en premier lieu sur leurs besoins économiques. Par cette mobilité, ils passent d’une activité à l’autre, d’un marché à l’autre, d’un champ à l’autre, au gré des possibilités de plus en plus minimes.

 

9. Parmi ce qui caractérise l’habitat des Gens du voyage, qu’est-ce que les sédentaires pourraient envier ou adopter ?

Leur détermination. C’est un parcours du combattant, qu’ils soient propriétaires de leur terrain ou locataires, en pavillon ou en errance, ils doivent faire face aux préjugés juste parce qu’ils ont un mode d’habitat différent. Il a y aussi une souplesse d’organisation avec l’habitat mobile, la force du rapport au groupe… Joker.

 

À quelle question l’ADEPT aurait-elle voulu répondre ?

Comment faire évoluer les politiques envers les Gens du voyage ? En réfléchissant à des politiques pour des citoyens à part entière, et non pas pour des citoyens “à part”. 

 

propos recueillis par Jean Duvoyage pour PF auprès de Mona Chamass, directrice

 

1 26/09/2014 : www.depechestsiganes.fr/roms-etvoyageurs- les-discriminations-persistent-en-francedeplore- le-conseil-de-leurope/

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