L'association du trimestre : l'amicale du nid 93

Contexte de création et historique :

À partir de 1937, la rencontre de l’abbé Talvas et de Germaine Campion, prostituée, est à l’origine du projet fondateur de l’Amicale du Nid : éveiller les consciences autour de la prostitution, aider les personnes prostituées et agir sur les causes et conséquences de la prostitution. L’association est officiellement créée en 1946 au moment de la campagne pour la fermeture des maisons closes. Plusieurs centres d’accueil sont progressivement créés dans toute la France (aujourd’hui dans huit départements). L’association participe activement aux réflexions sur le système prostituteur, que ce soit au niveau national, européen ou mondial.

En 1949, les Nations Unies élaborent la Conven- tion pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution ; en 1960, cette avancée est acquise dans le droit français, grâce à la publication d’un ensemble de lois, un processus législatif au cours duquel l’Amicale du Nid a pu faire entendre sa voix.

À partir des années 1970, les salariés de l’association prennent leur autonomie, donnant à l’Amicale du Nid le visage qui est le sien aujourd’hui. Le Mouvement du Nid se concentre alors sur les activités militantes : prévention et sensibilisation de l’opinion publique et accueil, dialogue et réflexion avec les personnes prostituées.

En Seine-Saint-Denis, le premier établissement créé est l’actuelle résidence La Maison, à Épinay-sur-Seine, un des tout premiers CHRS. En 1974, l’AdN93 a ouvert pour les femmes sortant de « La Maison » et ayant besoin de consolider leur insertion, un service de suite constitué d’un milieu ouvert et d’hébergements individualisés dans le diffus.

L’association s’est investie dans la formation et la sen- sibilisation des intervenants sanitaires et sociaux de Seine-Saint-Denis sur le phénomène prostitutionnel, l’idée étant de transmettre des outils de prévention : « comment repérer, comment se situer et comment en parler ». Cette activité est aujourd’hui poursuivie par le siège de l’Amicale du Nid et reste indispensable dans la mesure où les centres de formation au travail social n’intègrent pas cette thématique dans leurs programmes.

Avec l’évolution des politiques sociales françaises, l’AdN93 s’est développée autour de nouvelles actions, qui s’adressent néanmoins prioritairement à des personnes concernées par la prostitution et/ou victime de violences. Le pôle logement s’est structuré pour un public plus mixte et mais il a permis d’assurer la sortie des places d’hébergement car, par le passé, les bénéficiaires de l’AdN93 étaient stigmatisées par leurs parcours et n’étaient pas toujours les bienve- nues dans d’autres dispositifs logement comme les résidences sociales. Cette ouverture à un public plus large est propre au territoire de la Seine-Saint-Denis. Néanmoins, grâce à son travail en réseau, l’AdN93 accueille de façon prioritaire des personnes victimes de violences ou de vécu prostitutionnel (30% des orientations vers le CHU).

L’idée de l’accueil de jour pour les femmes seules, ou avec enfants, date de 2003, suite au constat que de nombreuses mères se retrouvaient en situation d’errance pendant la journée. Il a ouvert à Saint-Denis en 2008 avec le soutien de l’État (70 %) et du Conseil général de Seine-Saint-Denis (30%). Les accueils de jour préexistants en Seine-Saint-Denis n’étaient pas adaptés aux femmes avec enfants.

Des actions transversales à l’ensemble des services sont menées par l’association : loisirs, sorties culturelles, soutien à la parentalité, actions de prévention en matière de santé,... Un projet régional avec l’ARS, auprès des femmes enceintes ou avec nour- risson en situation très précaires a démarré en juillet 2012 afin de favoriser, pour les volontaires, l’allai- tement des enfants (projet PRENAP). La maternité et la permanence d’accès aux soins de santé (PASS) de l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis sont les principaux partenaires, ce projet permettant éga- lement de réduire les durées moyennes de séjour. En 2013, l’association a été missionnée sur la zone de solidarité prioritaire (ZSP) de la ville de Saint-Denis pour la réalisation d’un diagnostic territorial sur le phénomène prostitutionnel. Celui-ci implique le réseau local des acteurs. L’AdN93 met une per- sonne à disposition d’Interlogement93 pour l’ac- compagnement vers et dans le logement (AVDL) de familles prêtes au relogement dans le parc social.. L’AdN93 est investie dans le réseau Interlogement93 depuis sa création. Cette adhésion favorise le lien avec les autres associations du département, riches de diversité, et permet d’être force de proposition collectivement pour faire avancer la situation des plus précaires. Pour l’équipe, le réseau propose des espaces-temps permettant de prendre du recul par rapport aux actions menées au quotidien.

L'accueil de jour :

L’accueil de jour répond aux besoins de première nécessité (douches, lave-linges, petite restauration) et apporte un soutien à la parentalité : restauration de l’équilibre psychosocial des mères, épanouissement des enfants et apprentissage du lien mères-enfants.

Près d’une centaine de personnes sont accueillies chaque jour, orientées par le 115, la circonscription errance du Conseil général, la ville de Saint-Denis, l’hôpital de

Saint-Denis, ... Elles sont principalement originaires de Saint-Denis (70%). L’équipe est composée de deux travailleurs sociaux, deux agents d’accueil et une animatrice à mi-temps. Des professionnels extérieurs interviennent ponctuellement sur des thématiques spécifiques (sophrologie, psychologie, violences faites aux femmes, ...).

En hiver, les horaires d’ouverture sont élargis et des repas chauds sont servis.

LES ACTIVITÉS

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PROJETS

L’AdN 93 souhaite continuer à proposer des solutions pour les femmes précaires, en errance, prostituées ou en danger, car certaines ont besoin d’un accompagnement spécifique. Quand c’est possible, contribuer à la mixité des publics, pour éviter la stigmatisation. Dans le cadre du plan territorial de sortie d’hiver, vingt places sont en cours d’ouverture pour des femmes concernées par des violences. Des perspectives s’entrouvrent, qui devront être validées par la DRIHL, pour la création de maisons-relais à Stains et à Saint-Denis. Des discussions sont en cours avec l’hôpital Delafontaine pour proposer des solutions aux femmes en fin de grossesse et sortant de mater- nité, les fonds restent à mobiliser.