Études jeunes (suite)

May 19, 2013

 

 

 

 

Edwina mIatH, Cos Les sureaux, montreuil. 

 

 

Monsieur G.

En situation d’errance depuis plus de deux ans - Contact de M. pour une prise en charge. M., à 18 ans, vivait chez ses parents ; son père, avec lequel il est en conflit, lui a demandé de partir. Depuis trois ans, M. est dépanné par des amis en Seine- Saint-Denis. Il a fait quelques petits jobs mais rien de durable. M. est suivi par la mission locale et le service social de sa ville. L'assistante sociale m'in- forme avoir contacté la structure X pour une place durable (car M. est épuisé) mais pas de réponse. Pas de solution lors de l'appel. S’il rappelle, merci d'envisager hôtel jeune si possible [...] orientation hôtel [...] orientation vers structure. 

 

 

 

 

 

 

4% des jeunes, soit 80 personnes, vivent de manière permanente à la rue ou dans des

abris de fortune.

REGARD : jeunes en demande d’hébergement (les demandes au SIAO 93)271 jeunes de 18 à 24 ans ont fait une demande d’hébergement/logement au SIAO93 en 2011, soit 20% du total des demandes. 

 

 

 

 

 

 

L'hébergement chez un tiers concerne 21% des jeunes, c'est le mode d'habitat le plus répandu pour les personnes isolées, mais il n'exclut pas 12% des familles monoparentales hébergées chez des tiers (familiaux ou amicaux). Le mode de vie qu'offre ce type d'habitat est très variable d'une situation à une autre, mais reste à 100% des modes de vie précaires.

17.34 % mentionnent un parcours ASE (Aide sociale à l’enfance).Malgré leur jeune âge, certaines de ces femmes ont déjà un parcours de longues années d’instabilité.

 

Madame K, 24 ans, a un parcours complexeet chaotique : elle vit depuis plusieurs années dans des conditions d’hébergement précaires et instables ; elle a successivement connu la vie en squat, l’hébergement par des tiers, la rue, la prise en charge par le 115 puis la cohabitation dans une structure d’hébergement.

 

Un public spécifique ?

La question de la spécificité des publics jeunes ne fait pas l’unanimité des personnes interviewées. Les jeunes ne représentent pas un public homo- gène qui nécessiterait une prise en charge particulière. Les difficultés rencontrées par les jeunes se retrouvent globalement chez les autres publics accueillis, à la différence que certaines difficultés sont accentuées du fait de leur âge.

 

Si des caractéristiques propres existent chez les publics jeunes en rupture d’hébergement, celles-ci se manifestent essentiellement dans leur comportement quotidien et le rapport qu’ils entretiennent avec l’accompagnement social. Nous verrons cer- tains éléments qui sont considérés comme spécifiques aux jeunes. Nous garderons les expressions des professionnels interrogés.

 

La première évidence est de rappeler la difficulté plus importante des jeunes à accéder au marché de l'emploi. De plus, ils se sentent discriminés à l'embauche et ont une représentation négative de leurs compétences.

 

Par ailleurs, la jeunesse nous a été présentée comme une période d’apprentissage, de fragilité, d’incertitude, de transition et d’instabilité émotionnelle. Concernant les jeunes adultes hébergés en structure, les professionnels se sentent face à des « problématiques d’adolescents ». Au quoti- dien, cela se traduit par une difficulté de la part des jeunes à s’engager, une irrégularité dans leurs démarches et une mauvaise gestion de leur bud- get... Les jeunes accueillis auraient un réel pro- blème de confiance en eux et seraient en demande de reconnaissance. Paradoxalement, ils seraient fiers et méfiants à l'égard des adultes et des institutions. "Ils testent les limites et mordent les personnes qui veulent les aider..."

 

L'autonomie et l'indépendance sont des mots clés de la prise en charge des jeunes adultes car c'est ce à quoi ils aspirent... Ils veulent être autonomes et indépendants, alors que les professionnels parlent d'immaturité, de fuite des responsabilités, de mises en échec répétitives...

La logique d'immédiateté a été systématiquement mentionnée lors de nos entretiens : les jeunes veulent accéder directement à un logement autonome et à un travail, mais ils vivent au jour le jour, manquent d’anticipation, souhaitent une réponse « sur le champ » à leur demande et ont peur de se projeter.... « Ils veulent tout et tout de suite ». Comme nous l’avons déjà souligné, l’exposition forte des jeunes aux conduites à risque est aussi emblématique de leur jeunesse et de leur perte de repères. Si ces pratiques dangereuses ne sont pas une particularité des jeunes, ces derniers sont tout de même davantage touchés : « Comparé à la population générale (baromètre santé 2005), les jeunes de 18 à 25 ans sans logement personnel consomment plus d’alcool, de cannabis, et d’autres drogues (cocaïne, pop- pers... ) ». De même, les souffrances psychiques ne sont pas exclusives aux jeunes, mais l'âge de l'ado- lescence ou post-adolescence peut être le moment où des maladies psychiatriques se révèlent.

 

D’après l’étude d’Aurélia Prévost 

 

 

TÉMOIGNAGES :

 

 

 

Dans le quotidien, ça se concrétise

comment l’autonomie ?

« L’autonomie c’est gérer son budget à la fin du mois pour pas se retrouver sans rien, gérer son loyer, les titres de transport... »

« L’autonomie c’est un droit civique, il faut se lever

le matin, aller au boulot, attendre sa paye à la fin du mois et régler tout ce qu’il faut... C’est un train de vie. » 

 

 

 

 

 

Qu’est pour vous l’autonomie ?

« Pour moi c’est de ne plus dépendre d’un système ou de qui que ce soit. C’est se suffire, se contenter de ce qu’on a pour vivre, sans pour autant demander la main

à qui que ce soit. »

« L’autonomie c’est travailler, avoir un salaire à la fin du mois, se suffire comme on dit... »

« C’est être capable de se gérer soi même, de payer son loyer, ses fac- tures, de s’en sortir entre guillemets dans la vie quoi... On sera toujours dépendant de quelqu’un ou d’un quelconque organisme, parce qu’on est dans le système quoi, ne serait-ce que pour aller faire ses courses, on va à Carrefour, on va pas dans le jardin derrière la maison... »

« Pour moi l’autonomie ce n’est pas seulement payer son loyer, on peut être au chômage et être autonome... »

« L’autonomie c’est savoir faire la part des choses... » 

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