La cause des femmes : IL93 pour elles, ici et ailleurs

Alors que la communauté internationale célèbreune journée de la femme, le 8 mars de chaque année, nous ne voyons que de timides frémissements d’évolution pour les droits des femmes et pour la parité hommes-femmes partout dans le monde et particulièrement dans notre département.

Interlogement93 choisit dans ce numéro spécial d’Infolog, de porter un regard féminin sur nos pratiques et sur la place qui est réservée aux femmes dans nos équipements et dans nos préoccupations quotidiennes. Quels que soient les regards portés, quels que soient les sujets abordés, nous ne pouvons que constater l’immensité du chemin qui reste à parcourir pour qu’une ébauche de parité existe réellement dans le quotidien des femmes !

Si nous pensions que nos organisations associatives laissaient apparaître une meilleure répartition des rôles et des pouvoirs, l’enquête que nous avons réalisée auprès des associations adhérentes, démontre que nous aussi devons remettre en question nos pratiques et nos choix en matière de gouvernance.

Dans nos associations aussi, le pouvoir est majoritairement masculin. Nous sommes l’exact reflet d’une société qui n’accepte toujours pas que plus de 50 % des personnes qui la composent, les femmes, soient à parité représentées à toutes les strates d’organisation, de décision et de gestion.

Notre société dite civilisée, ne réussit toujours pas à éradiquer les violences faites aux femmes !

Nous voyons a contrario monter ici ou là, des idéologies qui tendent à cantonner les femmes dans les rôles de génitrices et d’épouses au service de leurs « maîtres »,les hommes qui dictent leur loi et les interdits qui s’imposeraient selon leurs préceptes moyenâgeux et rétrogradés.

En France, parmi les travailleurs pauvres, 60 % sont des femmes. A égalité de diplôme, de formation, de compétence, les femmes perçoivent des rémunérations inférieures de30 % à celles des hommes.

Dans nos établissements, dans nos services, nous ne croisons comme parents isolés que des femmes ! Où sont les pères ?

Il est communément admis que ce sont les femmes qui doivent se charger des enfants, alors, lorsque nous envisageons l’accueil de ces parents isolés avec leurs enfants, il n’existe de projets que pour les mères... Encore une fois, où sont les pères ?

Lorsque ces mères sont chefs de famille, quelles sont les solutions imaginées pour qu’elles puissent concilier leur emploi, leurs loisirs, avec l’éducation, les soins et les câlins à leurs enfants ? Notre pouvoir d’imagination est en berne lorsqu’il s’agit de changer vraiment les conditions de vie des femmes... !

Notre société machiste, non seulement considère naturel que ces mères isolées se chargent seules du devenir de leurs enfants mais de surcroît, instaure l’organisation sociale de leur précarisation :

> Fractionnement des horaires de travail

> Emplois en contrats précaires

> Bas niveaux de salaires

> Absence de construction sociale adaptée des modes de garde des enfants

> Coûts élevés des solutions individuelles pour la garde des enfants

> Pas de politique du logement qui permette d’accéder dans des délais et des tarifs raisonnables

> Insuffisance de places d’hébergement pour accueillir ces femmes et leurs enfants

> Insuffisance de lieu d’écoute et de parole

> Pas de politique digne de ce nom qui protège les femmes de leurs compagnons violents.

Ce sont les femmes qui se trouvent majoritairement contraintes de choisir entre carrière professionnelle et éducation des enfants. Combien de femmes sont-elles chefs de grandes entreprises ? Combien de femmes sont-elles maires de grandes communes ? Quel pourcentage de femmes ministres, sénatrices, députées, conseillères générales par rapport aux hommes ? Les femmes représentent 54 % de la population en France, quand trouverons-nous enfin cette même représentativité dans nos institutions politiques et sociales ?

Au sein même de nos associations cette parité n’estpas établie !

Ne pensions-nous pas cependant être plus vigilants ?

Ne pensions nous pas que nous étions des îlots progressistes conscients de la valeur des unes et des compétences des autres ?Nos propres schémas des organisations sociales restent archaïques et machistes !

Qu’attendons-nous pour les faire évoluer ?

Trop souvent encore, à la maison et au boulot, les hommes se préservent les meilleurs rôles...

Encore quelques efforts messieurs, nous pouvons faire beaucoup mieux et tellement plus !

Ensemble, femmes et hommes conscients et convaincus, pouvons inverser ces représentations.

Nous pouvons construire un monde où ne règnent ni la force, ni la violence, ni le machisme, ni le sexisme, ni la domination, ni les enjeux de pouvoir, mais l’intelligence, la concertation et le partage !

J’émets l’espoir utopique de voir fleurir aujourd’hui, demain, tout de suite, bientôt une société plus humainement féminine. Pourrons-nous dire demain ensemble femmeset hommes nous sommes meilleures et plus fortes ?

Les utopies d’aujourd’hui ne sont-elles pas les réalités de demain ?

Philippe Martel

Président

Sélection d'articles

Contactez nous :

01 41 58 61 45

© 2012 par Interlogement93

Newsletter: