Housing first : à l'épreuve de l'expérimentation

En nous engageant résolument dans le programme Housing first, nous voulons marquer notre attachement au travail partenarialetvérifiernotrepostulatselonlequel l'avenir du secteur de l'hébergement passe par un changement de posture des acteurs.

Des acteurs qui doivent pouvoir offrir un plateau technique de services qui s'organise autour de la personne dans un logement durable, a contrario du système actuel qui impose au bénéficiaire de s'adapter aux pro- positions à rallonge que nous lui proposons.

Le premier mérite de Housing first est la sortie d'un système qui ramène trop souvent au point de départ ceux qui ne se plient pas aux règles : trop violent, trop alcoolique, trop fou implique trop souvent l'exclusion voir le “blacklistage”. Ensuite, le programme met en œuvre une dynamique partenariale puisque les interve- nants prendront en charge des personnes à la rue souffrant de problèmes psychiques et d'addictions repérés par les équipes psy-précarité. Une occasion unique de mettre en avant tous les métiers de l'association, du travail de rue à l'insertion professionnelle.

Par ailleurs, le programme expérimental de cent places mis en œuvre dans quatre territoires pilotes en France dont Paris, s'appuiera sur les ressources locales mobilisant les acteurs médico- sociaux comme les équi- pements sociaux et culturels.

Issu d'un programme anglo- saxon, Housingfirst est avanttout une étude comparative entre les cent personnes intégrées au programme et cent autres suivies de manière usuelle.Le pari étant de voir quel groupe obtient les meilleurs résultats en terme d’insertion.

Les sceptiques diront que cette expérience a déjà été tentée, avec les appartements communautaires dela psychiatrie dans les années 1980 par exemple.Ils ont en partie raisonmais la vraie nouveautéde Housing first est le plateau technique proposéet les moyens réellement alloués pour un accompagnement 24h/24. Parailleurs, les personnesresteront dans le loge-ment à l'issue de l'expé-rience. C'est d'ailleurs là un point de blocage puisqu’il faut, à Paris, trouver ces logements.

Bien souvent titulaires duRSA ou de l'AAH les personnes ne pourront que rarement assumer un loyer privé à Paris, c'est donc le parc social qui devra être mis à contribution.

Si l'expérience se révèle positive nous aurons démontré que dès lors qu'on installe les personnes dans un logement et qu’on leur offre un accompagnement réellement adapté le travail de réinsertion fonctionne. Telles seront aussi les conditions de la réussite du programme Logement

d'abord. Dans tous les cas, et même si Housing First fonctionne, des filets de sécurité devront être conservés au niveau des territoires, pour permettre l'accueil inconditionnel et le droit au recommencement de ceux qui échoueraient pour des raisons diverses.

L'expérience de Housing First est donc selon nous l’occasion de mettre en place un « labo » partenarial innovant. 􏰅

Éric PLIEZ

Directeur Général Association Aurore

Prendre en charge des personnes à la rue ayant des problèmes psychiques...

Du "Housing first" au logement d'abord

DÉFINITION :

Il n’existe aucune conception universellement partagée du “logement d’abord” mais plutôt :

> un programme de référence : Pathways to housing, mené aux Etats-Unis depuis les années 1990, qui s’adresse exclusivement à des personnes souffrant de troubles psychiques ou d’addiction ;

> des expériences qui s’en inspirent, notamment des programmes adaptés en Europe depuis les années 2000 (Royaume Uni, Finlande, Irlande, Norvège, Portugal, Danemark...)

Les quatre principes structurants :

> le logement comme pré-requis2 les personnes présentant les besoins d’accompagnement les plus complexes peuvent accéder directement à un logement2 la liberté de choix pour les personnes accueillies

> des services d’accompagnement pluridisciplinaires et intensifs

Éric LEMERCIER

SIAO 93

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