Le droit des usagers dans la vie collective

Nous dispensons, au sein du CHRS de la Cité Myriam, une prise en charge à caractère collectif du point de vue de l’hébergement, de la restauration, des équipements sanitaires, de la salle de loisirs et de la véranda. L’accompagnement socio-éducatif est individualisé et contractualisé. Notre pratique et nos réflexions nous ont conduits à nous questionner sur notre approche du collectif. Quelle est notre place de travailleur social dans ce collectif ? Quelles sont nos interactions pédagogiques avec lui ? Quelle place laisse-t-on à la parole portée par le groupe d’hébergés ?

Les problématiques liées au quotidien et au partage d’espaces communs sont générale- ment évoquées par les usagers lors de l’entretien avec le travailleur social référent – donc sous une forme individualisée – voire rapportées également en réunion d’équipe en l’absence de l’intéressé.

Du fait de l’individualisation de l’information amenée par le résidant, nous avons pu constater qu’il n’y avait pas de considération plus élaborée de cette parole. Pour y répondre, nous n’avions pas de champ d’action adapté prenant en compte toute la complexité du fonctionnement inhérent à de tels lieux de vie. Lorsque le collectif est abordé, que ce soit par les résidants ou les travailleurs sociaux, en général il l’est sous la forme du non respect du règlement, de l’interdiction, de la sanction.

Il n’était que trop peu organisé de rencontres collectives entre les résidants et les salariés (la direction, les travailleurs sociaux). Pourquoi ? Faute de temps ? Faute de prétexte ? Si aucune demande n’est formulée, pas de rencontre ? Nous estimions un besoin de recentrer sur l’intérieur du CHRS, les interactions multiples entre les hébergés.

Afin de pouvoir appréhender au mieux ce collectif, tout en étant le plus proche et le plus respec- tueux de la loi de 2002 sur la place des usagers au cœur des dispositifs, nous avons proposé un espace et un temps de ren- contre avec les personnes accueillies que nous avons appelé : « les Rencontres du Mardi » : L’objectif est de favoriser la parole des résidants sur la vie quotidienne et collective. Qu’ils ne se sentent pas censurés par notre présence et notre fonc- tion habituelle. Il faut qu’ils se sentent libres de s’exprimer, dans un espace et un temps propice à cela, un droit et un encouragement à l’expression !

“Le collectif est une sorte de miroir de notre pratique, un collectif « mort », « absent » ou alors « vivant », « agité » est aussi influencé par notre interaction envers le groupe”.

La communication envers ce collectif est une composante fondamentale. Si l’on commu- nique avec les bons supports et les bons outils, si l’on diffuse largement les informations, nous pourrons alors mesurer l’importance de notre considé- ration institutionnelle envers le collectif du CHRS.

Lorsque les personnes sont inscrites, intégrées dans le fonctionnement, cela limite les risques de maltraitance incons- ciente (et consciente) de la part de l’institution, sur les indivi- dualités en difficulté.

La nécessité de favoriser l’expression et de l’encourager, peut se faire au travers d’un conseil de la vie sociale ou de toute autre forme de groupes d’expression.

Le collectif est une sorte de miroir de notre pratique, un collectif « mort »,

« absent » ou alors « vivant », « agité » est aussi influencé par notre inte- raction envers le groupe.

Nous devons également nous placer dans une position dif- férente et, à des moments op- portuns, afin de considérer, de ressentir (tout en gardant notre place) le fonctionnement du collectif et les individus qui le composent.

L’équipe éducative du CHRS est intéressée à rencontrer d’autres professionnels de terrain pour échanger sur les usages auprès des collectifs.

Victor LEBAS, éducateur spécialisé

Cyril MENIN, assistant social CHRS Cité Myriam

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